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Faits & Dates  >  Allemagne 1918‑1939  >  Décembre 1918

 

 

 

Écrit: janvier 2013

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1918 (décembre)

 

3 décembre

 

En Braunschweig, une assemblée commune entre USPD et SPD décide de mener une campagne commune pour les élections sur la base du programme du SPD adopté au congrès de celui-ci tenu en 1891 à Erfurt. (Au sujet de ce programme, cf. ). Mais le lendemain, une session de la commission électorale commune se termine prématurément suite au départ du SPD.

 

 

4 décembre

 

La région Birkenfeld, une enclave au milieu de la Rhénanie faisant partie d'Oldenburg, est occupée par des troupes françaises.

 

 

Sur la base de la Communauté d'intérêts de Fédérations de fonctionnaires allemandes (Interessengemeinschaft Deutscher Beamtenverbände) qui avait été formée durant la guerre, se constitue la “Fédération de fonctionnaires allemande” (“Deutscher Beamtenbund”, DBB)[1].

 

 

6 décembre

 

À Berlin se déroule une manifestation de soldats organisée par le groupe Spartakus[2]. Des troupes du commandant de la ville [Stadtkommandant] Otto Wels (SPD) ouvrent le feu. Il y a 16 morts.

 

 

À Berlin  des unités militaires dirigées par le vice-adjudant [Vizefeldwebel] Hans Fischer (à ne pas confondre avec le lieutenant Anton Fischer, adjoint de Wels) occupent la chambre des députés [Abgeordnetenhaus] où siège le conseil exécutif du conseil d'ouvriers et de soldats[3]. L'intention est d'arrêter les membres du conseil exécutif. D'autres unités militaires commandées par l'adjudant [Feldwebel] Spiro interviennent devant la chancellerie où se trouve le chancelier Friedrich Ebert (SPD). Spiro dénonce le conseil exécutif comme organe nuisible, et invite Ebert à assumer la fonction de président de la république. Celui-ci refuse. L'action contre le conseil exécutif est abandonnée.

Cette tentative de putsch avait été planifiée par quelques fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

 

 

Le Conseil central du Peuple pour la Silésie, à Breslau (Niederschlesien) (aujourd'hui Wroclaw, Pologne), constitue un Conseil central d'ouvriers et de soldats pour la Haute-Silésie, à Kattowitz (Katowice, aujourd'hui en Pologne)[4]. Ce conseil est appuyé financièrement par les industriels de la Haute-Silésie.

 

 

Le 15 novembre 1918, le Commandement suprême de l'armée avait entamé des préparatifs pour organiser, dans le cadre du retour des troupes du front, une structure organisationnelle s'appuyant sur des formations pouvant être considérées comme fiables, en vue de leur utilisation pour le maintien de l'ordre intérieur[5]. Le 6 décembre, est mise en place le Commandement général [Generalkommando] dirigé par le lieutenant général Arnold Lequis, pour prendre en charge ses troupes, pour la région de Berlin.

 

 

8 décembre

 

À Stuttgart (Württemberg), le comité exécutif [Vollzugsausschuß] du conseil d'ouvriers et de soldats organise une assemblée au niveau régional[6]. Un comité régional [Landesausschuß] des conseils d'ouvriers et de paysans est constitué sur la base du comité exécutif en y ajoutant cinq représentants de districts. Un comité régional des conseils de soldats avait déjà été constitué le 17 novembre. Hermann Zernicke (SPD) et Emil Unfried (Spartakus), respectivement président et adjoint du comité exécutif du conseil d'ouvriers et de soldats depuis le 26 novembre, assument maintenant ces fonctions pour le comité régional.

 

 

9 décembre

 

À Brême (Bremen), le conseil d d'ouvriers et de soldats rejette une motion demandant le rétablissement des institutions parlementaires (Senat et Bürgerschaft), qui avaient été destituées le 14 novembre[7].

 

 

Le Conseil d'ouvriers et de soldats de Tarnowitz (Tarnowskie Góry, aujourd'hui en Pologne) exige l'établissement d'un état indépendant pour la Haute-Silésie[8].

 

 

10 décembre

 

À Berlin, du 10 au 15 décembre, s'effectue le retour du front de dix divisions. Elles sont accueillies de façon festive par le gouvernement. Le 10, F. Ebert déclare dans son discours:

Le travail est la religion du socialisme, nous devons travailler de toute force, de tout dévouement, sous peine de périr et de sombrer, sous peine de devenir un peuple réduit à la mendicité.

(Cf. le texte .)

[Citation dans l'original .]

Et Philipp Scheidemann, le 12:

Même avec tout votre héroïsme vous ne pouviez pas conquérir la paix contre la suprématie de tout un monde, maintenant vous devez nous aider d'obtenir cette paix ici dans la patrie même.

(Cf. le texte .)

[Citation dans l'original .]

 

 

En Haute-Silésie, des grèves ont lieu chez les travailleurs des chemins de fer, ainsi que des révoltes parmi les prisonniers de guerre soumis aux travaux forcés dans l'industrie régionale[9].

 

 

12 décembre

 

Est publiée la loi pour la formation d'une Garde populaire volontaire [Gesetz zur Bildung einer Freiwilligen Volkswehr]. (Cf. ci-dessous.)

Le 3 décembre F. Ebert avait proposé au Conseil des mandatés du peuple de créer une "troupe entièrement à disposition de la direction du Reich" comme "protection face à toute contrerévolution" et pour le maintien de la sécurité et de l'ordre[10]. [Citation dans l'original .] Le 6 décembre avait été adoptée la loi sur la formation d'une force de défense populaire volontaire ["Gesetz zur Bildung einer freiwilligen Volkswehr"]; elle est publiée le 12 décembre. Le 13 décembre sont portées à la connaissance de l'armée les dispositions de mise en oeuvre. Le 14 décembre le Conseil des mandatés du peuple donne l'instruction au ministère de la guerre de Prusse (dirigé par Heinrich Scheüch depuis le 9 octobre), dont dépend le commandement suprême de l'armée depuis le 15 novembre, de créer 11 unités auprès de l'armée de l'Ouest. Le ministère transmet l'instruction au commandement suprême de l'armée lequel émet des ordres aux instances inférieurs Mais cette procédure reste sans suite. Ce n'est qu'en février 1919 que Walter Reinhardt (qui a succédé à Scheüch le 3 janvier), pourra recruter 600 hommes, seulement après avoir renoncé aux structures démocratiques prévues en principe pour cette troupe.

 

 

Développement des corps-francs

 

Par contre, les efforts mis en oeuvre pour la constitution des troupes contrerévolutionnaires connues comme “corps francs” [“Freikorps”], se concrétisent efficacement[11]. Le major général Georg Maercker constitue le “Corps volontaire de chasseurs de campagne” [“Freiwilliges Landjägerkorps”] (cf. 14 décembre). D'autres unités similaires sont formées par la suite: le “Corps de tirailleurs de terre” [“Landesschützenkorps”] ‑ commandé par le major général Dietrich von Roeder ‑, la “Division de protection allemande” [“Deutsche Schutzdivision”] basée sur la 31e division d'infanterie ‑ commandée d'abord par le major général Paul von Wissel, puis par le lieutenant général Wilhelm von der Lippe ‑, le “corps-franc Hülsen basé sur la 231e division d'infanterie ‑ commandé par le major général Bernhard von Hülsen ‑, le “corps-franc Held basé sur la 17e division d'infanterie ‑ commandé par le major général Siegfried von Held ‑, la “Division de tirailleurs de cavalerie de garde” [“Garde-Kavallerie-Schützendivision”] ‑ commandée par le capitaine Waldemar Pabst ‑, la Brigade Reinhard ‑ commandée par le colonel Wilhelm Reinhard. Pour la marine[12]: la Brigade de Marine I” [“Marine-Brigade I”] ‑ commandée par le colonel Emmo von Roden ‑, la Brigade de Marine II” [“Marine-Brigade II”] ‑ commandée par le capitaine de corvette Hermann Ehrhardt, la Brigade de Marine III” [“Marine-Brigade III”] ‑ commandée par le capitaine de corvette Wilfried von Loewenfeld.

Ce développement accéléré des corps-francs répond au fait que dans la période immédiatement après le 9 novembre, les troupes qui soutiennent le gouvernement sont rares[13]: les “Fusiliers de garde” [“Garde-Füsiliere”] du lieutenant sergent Schulze, le “Bataillon d'assaut” [“Sturmbataillon”] de la “Garde militaire républicaine” [Republikanische Soldatenwehr”], le “régiment Potsdam” (basé sur le 1er régiment de garde à pied [1. Garde-Regiment zu Fuß]) commandé par Major Franz von Stephani, et le “Bataillon de sous-officiers Suppe [“Unteroffiziersbataillon Suppe”] dirigé par  le sergent Gustav Suppe (cette formation sera intégrée dans la Brigade Reinhard).

À la fin de décembre sont ainsi rassemblées dans et autour de Berlin de troupes d'environ 10 000 hommes. En janvier 1919, pour l'ensemble du pays, existent plus de 50 corps francs, vers mars-mai leur nombre dépassera la centaine avec un effectif qui s'élève à environ 250 000 hommes[14]. Ils forment ainsi l'organisation militaire la plus nombreuse d'Allemagne, mais puisqu'ils ne sont pas sous commandement du gouvernement, leur existence ne viole pas les conditions d'armistice.

a

 

Loi pour la formation d'une Garde populaire volontaire, 12 décembre 1918 (extraits)[15]

 

1. Pour le maintien de l'ordre et la sécurité publics une garde populaire volontaire doit être formée.

2. Le conseil des mandatés du peuple, exclusivement, attribue les pouvoirs pour la mise en place des sections de cette garde populaire, qui fixe aussi le nombre et la force des sections.

3. La garde populaire est placée exclusivement sous les ordres du conseil des mandatés du peuple. Elle s'engage vis-à-vis de la république socialiste et démocratique par poignée de main.

4. Seuls des volontaires sont intégrés à la garde populaire. Elle sera placée en dehors du cadre de l'armée. [...]

[...]

9. Les volontaires doivent être habillés, équipés, armées et logés comme les troupes de soldats. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

14 décembre

 

Le major général [Generalmajor] Georg Maercker, anciennement commandant de la 214e division d'infanterie, émet l'ordre fondamental n° 1 pour le Corps volontaire de chasseurs de campagne [Grundlegender Befehl Nr. 1 für das Freiwillige Landesjägerkorps][16]. Ce texte stipule:

La tâche du Corps volontaire de chasseurs de campagne est le maintien du calme et de l'ordre à l'intérieur et la protection des frontières du Reich.

[Citation dans l'original .]

Voici des extraits du discours qu'il tient peu après devant une section de ce corps franc nouvellement créé[17]:

[...] Le gouvernement impérial a été relayé par celui du chancelier du Reich Ebert. Il est actuellement dans une situation hautement difficile, car elle ne dispose d'aucun instrument de pouvoir. Au plus tard dans 14 jours l'armée allemande est dissoute. Or il nécessite des instruments de pouvoir ‑ pour le combat aux frontières du Reich autant que pour la lutte à l'intérieur. À l'est se tiennent les bolchéviques de la Russie, se tiennent aux frontières allemandes les Polonais et les Tchèques et les menacent. À l'intérieur du Reich tout se trouve sens dessus sens dessous. Partout pillage, partout désordre, nulle part respect de la loi ni de l'ordre, respect de la propriété privée et étatique. Et avant tout le gouvernement Ebert est menacé par le groupe des gens de Spartakus, par Liebknecht et Rosa Luxemburg. Cette menace est vilaine. La Rosa Luxemburg est une diablesse et Liebknecht un type qui risque le tout pour le tout, et qui sait précisément ce qu'il veut. Avant tout ce groupe veut empêcher que l'assemblée nationale se réunisse, parce que l'assemblée nationale doit amener ce que ces gens ne veuillent pas, à savoir la paix, le calme et l'ordre dans le Reich. Rosa Luxemburg peut aujourd'hui impunément ruiner le Reich allemand, car il n'y a pas de force dans le Reich qui puisse l'affronter. C'est là que nous voulons combler le vide, que ce soit pour protéger les frontières du Reich ou que ce soit pour faire en sorte qu'à l'intérieur règnent calme et ordre. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

À Berlin, les conseils d'ouvriers et de soldats de la ville se réunissent pour élire leurs délégués pour le congrès national des conseils qui doit se tenir à partir du 16 décembre[18]. Sont élus: pour l'USPD, Heinrich Malzahn, Emil Eichhorn, Richard Nowakowski, Paul Neumann, Gustav Laukant; pour le SPD, Hermann Lüdemann, Max Cohen(-Reuß), Fritz Matern, Otto Frank, Gustav Rickelt, Paul Neue, Fritz Brolat; pour les employés et enseignants, Wilhelm Flügel.

 

 

À Stuttgart (Württemberg), le gouvernement et les deux comités régionaux établissent un accord concernant les compétences des conseils[19]. Le principe est reconnu que ces derniers constituent le fondement révolutionnaire du nouveau système de gouvernement, mais il est précisé que le pouvoir exécutif incombe exclusivement au gouvernement et à l'ancienne administration restée en place. Des dispositions complémentaires seront adoptées le 8 janvier et le 27 mars 1919.

 

 

15 décembre

 

Le 16 novembre avait été publié un appel à la fondation d'un "grand parti démocratique", puis le 20 novembre, sur la base de ce texte, le Parti progressiste du peuple (Fortschrittliche Volkspartei, FVP) et une partie considérable du Parti national-libéral (Nationalliberale Partei, NLP) avaient décidé leur fusion sous le nom de “Parti démocratique allemand” (Deutsche Demokratische Partei”, DDP)[20]. Le reste du NLP s'était d'abord transformé en “Parti allemand du peuple” (“Deutsche Volkspartei”, DVP), mais finalement la majorité de ce dernier avait aussi rejoint le DDP. Seul un groupe autour de Gustav Stresemann décide, le 15 décembre, de maintenir le DVP.

Les origines communes du DDP et du DVP remontent au Parti allemand du progrès (Deutsche Fortschrittspartei, DFP) fondé en 1861. Le NLP avait été constitué en 1867 comme résultat d'une scission du DFP. En 1884 ce dernier, en absorbant une organisation s'étant détachée entretemps du NLP, s'était transformé en “Parti libéral allemand (Deutsche Freisinnige Partei”)[21], puis au bout d'autres réorganisations, en FVP, en 1910.

Pour les positions programmatiques respectives, cf. ci-dessous.

 

 

Résolution adoptée par l'assemblée extraordinaire de l'USPD de Grand-Berlin, le 15 décembre 1918[22]

 

Deux projets de résolution sont soumis au  vote, au sujet de l'attitude vis-à-vis du gouvernement et de la convocation d'une assemblée nationale.

Projet présenté par Rosa Luxemburg:

L'assemblée extraordinaire de l'organisation de l'USP pour Grand-Berlin, du 15/12/1918 exige:

1. la sortie immédiate des représentants de l'USP du gouvernement Ebert-Scheidemann.

2. l'assemblée refuse la convocation de l'assemblée nationale, qui ne peut que conduire à renforcer la contrerévolution et à escroquer la révolution en ce qui concerne ses objectifs socialistes.

3. l'appropriation immédiate du pouvoir politique complet par les conseils d'ouvriers et de soldats, désarmement de la contrerévolution, armement de la population travailleuse, formation d'une garde rouge pour la protection de la révolution, dissolution du conseil Ebert des mandatés du peuple, attribution du pouvoir d'état suprême au conseil exécutif des conseils d'ouvriers et de soldats.

4. L'assemblée générale de l'organisation demande la convocation immédiate du congrès de l'USP.

[Citation dans l'original .]

Projet présenté par Rudolf Hilferding:

L'assemblée générale de l'organisation déclare:

La tâche politique la plus importante de l'USP est actuellement l'organisation des élections à l'assemblée nationale. Il s'agit de déployer toute la force du prolétariat afin de remporter la victoire du socialisme sur la bourgeoisie. L'USP se considère comme le vecteur de la révolution et comme sa force motrice. Elle est disposée à remplir tous les devoirs qui en résultent, selon les exigences respectives de la situation, que ce soit dans le gouvernement socialiste ou que se soit en opposition résolue à tout mouvement contrerévolutionnaire. Elle appelle ses représentants dans le gouvernement à travailler avec la plus extrême fermeté et sans concessions qui seraient signe de faiblesse, pour la sauvegarde et l'élargissement des conquêtes révolutionnaires.

[Citation dans l'original .]

Le texte présenté par R. Luxemburg obtient 195 voix, celui présenté par R. Hilferding 485.

 

 

Appel en vue de la fondation d'un Parti démocratique, 16 novembre 1918 (Extraits)[23]

 

[...]

Aujourd'hui, nous n'établissons pas un programme, cependant ceux qui veulent nous rejoindre doivent être liés par des principes communes.

Le premier principe est que nous nous plaçons sur le terrain de la forme d'état républicaine. [...]

Le deuxième principe signifie que nous ne pouvons pas séparer la liberté de l'ordre, de la légalité et de l'égalité des droit politiques de tous les membres de l'état et que nous combattons toute terreur bolchévique, réactionnaire ou autre, dont la victoire ne signifierait rien d'autre que misère épouvantable et l'hostilité du monde civilisé entier, animé par l'idée du droit.

[...]

[Citation dans l'original .]

 

 

Appel du DDP en vue des élections, 14 décembre 1918 (Extraits)[24]

 

[...]

La voie vers l'état populaire libre est ouverte. Mais cela fait déjà largement trop longtemps que durent le désordre et l'absence de loi, allant de pair avec la révolution. Ne vivons-nous pas la menace quotidienne par les gens de Spartakus, l'altération de notre vie économique par des grèves politiques et revendications salariales dénuées de sens, le démembrement de territoires du Reich par la Pologne, le morcèlement indigne du Reich à l'intérieur. [...] Au travail convenable doit revenir comme récompense une existence suffisante, digne d'être vécu et la participation aux biens de la culture. Reconnaissance étatique des unions de travailleurs et d'employés, un tribunal d'arbitrage obligatoire ainsi que garanti des conditions de travail fixées par des conventions collectives, en particulier aussi des salaires et appointements minima doivent y pourvoir. [...] Or de telles charges ne peuvent être supportées que sur la base du maintien de la propriété privée et d'un ordre économique qui maintient vivant l'intérêt de l'individu pour le bénéfice et le stimule en vue de l'activité au plus haut degré.

[Citation dans l'original .]

 

 

Appel du DVP en vue des élections, 18 décembre 1918 (Extraits)[25]

 

[...]

Nous exigeons la pleine liberté de coalition, une nouvelle législation concernant les ouvriers et les employés, intégrant des mesures sociales, la continuation énergique de la politique sociale, [...], la reconnaissance des associations professionnelles et leur intégration dans le droit public, la règlementation internationale de la législation en matière de politique sociale doit être obtenue.

Nous restons attachés au principe de la propriété privée et du droit d'héritage, nous restons attachés à la position dirigeante de l'entrepreneur dans son entreprise de même que dans l'économie nationale, ceci cependant sous coopération appropriée des travailleurs et des employés par leurs comités et leurs représentants. Nous nous plaçons en opposition délibérée à ceux qui voient leur objectif politique et économique dans la socialisation de tous les moyens de production et l'abolition de la propriété privée. Pour ce qui est d'un transfert sous la direction et la propriété des pouvoirs publics, de branches d'exploitation qui s'y prêtent, nous sommes prêts à y consentir, pour autant que, par là, soient créés un revenu plus élevé pour la communauté et des conditions de vie meilleures pour les salariés. [...]

Du gouvernement actuel nous exigeons qu'il fasse enfin énergiquement régner le calme et l'ordre. [...] Mais nous exigeons la suppression des empiètements de personnes non autorisées, sur l'activité des tribunaux, des pouvoirs publics et des administrations communaux, sur la liberté de coalition et de presse. [...] Nous exigeons la suppression des empiètements irresponsables sur la vie économique [...].

[...] Nous exigeons le transfert immédiat du pouvoir gouvernemental actuel, reposant uniquement sur la situation de fait résultant de la révolution, vers un ordre juridique nouveau; nous exigeons donc la convocation immédiate d'une Assemblée nationale comme instance ayant pouvoir constituant et législatif; sans son approbation toute législation est dépourvue de base juridique. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

 

16-21 décembre

 

À Berlin se tient le Congrès national des Conseils d'ouvriers et de soldats [Reichskongreß der Arbeiter- und Soldatenräte, ou Reichsrätekongreß]. Y participent 489 délégués ayant droit de vote, dont 289 du SPD, 90 de l'USPD[26]. Parmi ces derniers, 19 sont membres de la Ligue Spartakus, dont Fritz Heckert et Eugen Leviné.

La Ligue Spartakus présente la demande que Karl Liebknecht et R. Luxemburg, qui n'avaient pas obtenu de mandat, soient admis comme assistants avec voix consultative, ce qui est refusé[27]. Le jour de l'ouverture du congrès, la Ligue Spartakus organise une manifestation de travailleurs qui se dirige vers le bâtiment où il se tient (l'Abgeordnetenhaus)[28]. Selon l'indication des organisateurs, le rassemblement réunit environ 250 000 personnes. Paul Levi et K. Liebknecht prononcent des discours. Une délégation soumet au congrès une liste de revendications[29]:

1. L'Allemagne est une république socialiste unitaire.

2. Tout le pouvoir aux conseils d'ouvriers et de soldats.

3. Le conseil exécutif  des conseils d'ouvriers et de paysans, élu par le congrès de conseils, comme organe suprême du pouvoir législatif et de gouvernement, par lequel en outre doivent être nommés et révoqués les mandatés du peuple et toutes les administrations centrales.

4. Suppression du conseil Ebert des mandatés du peuple.

5. Mise en oeuvre énergique immédiate, par le conseil central, de toutes les mesures requises pour la protection de la révolution, avant tout désarmement de la contrerévolution, armement du prolétariat, formation de la Garde Rouge.

6. Appel immédiat du conseil central aux prolétaires de tous les pays pour la formation de conseils d'ouvriers et de soldats dans le but de mener à bien les tâches communes de la révolution socialiste mondiale.

[Citation dans l'original .]

Les références au conseil exécutif ainsi qu'au conseil central reprennent des principes d'organisation développés depuis novembre. Un premier conseil exécutif des conseils d'ouvriers et de soldats de Grand-Berlin avait été mis en place par l'assemblée plénière des conseils d'ouvriers et soldats de Berlin tenue le 10 novembre. L'exigence de la constitution d'un conseil central avait été formulée notamment le 18 novembre dans une résolution adoptée par le conseil d'ouvriers et de soldats de Grand-Berlin[30].

Le 17 décembre une assemblée des représentants de la garnison de Berlin adopte une résolution, et une délégation s'introduit dans la salle du congrès national des conseils afin de soumettre le texte au vote[31]:

Tout comme avant, nous nous tenons à la disposition du gouvernement actuel, en tant que gouvernement dans le programme duquel figurer comme objectif final la création d'une république socialiste. Contre le déposition de la Division de marine populaire, projetée du côté de la réaction, nous protestons de la façon la plus énergique. Les camarades de la marine ont été les premiers porteurs et protecteurs de la révolution. C'est pourquoi leur présence à Berlin est absolument nécessaire. Les soldats demandent à l'instance législative siégeant à l'Abgeordnetenhaus, d'adopter immédiatement les résolutions d'urgence suivantes:

1   Un conseil suprême de soldats, composé de délégués élus de tous les conseils de soldats allemands, exerce le pouvoir de commandement sur toutes les troupes de l'armée, par analogie à la marine*.

2.  Les insignes de rang de tous les rangs de service sont interdits. L'ensemble des officiers doivent être congédiés. L'interdiction des insignes de rang de tous les rangs entre en vigueur pour les troupes rentrant au pays, après qu'ait eu effectué la déposition des armes dans les casernes.

3.  Ce sont les conseils de soldats qui portent la responsabilité pour la fiabilité des unités de troupes et pour le maintien de la discipline.

[Citation dans l'original .]

* où le comité des 53 avait le pouvoir de commandement

La mention, dans le premier point, de la marine comme exemple à suivre, a en vue le Comité des 53, constitué le 19 novembre en application d'une décision prise par une réunion de délégués des Conseils de marins[32]. Le Comité des 53 désignait un Conseil central composé de cinq membres. Les pouvoirs attribués au Conseil central incluent notamment la disposition que tous les ordres émanant de l'Office national de la marine  et  de l'état-major doivent être contresignés par un membre du Conseil central.

Le débat est houleux, la discussion et un éventuel vote sur le texte sont reportes au lendemain. Le 18 décembre Walther Lamp'l (SPD) présente une motion du conseil d'ouvriers et de soldats de Hambourg (dont il est président adjoint) en affirmant que ces dispositions coïncident largement avec les revendications des soldats de Berlin[33]. Du fait de son origine ce texte est depuis désigné comme “points de Hambourg” (“Hamburger Punkte”); ceux-ci avaient été publiés par le conseil de soldats de Hambourg le 15 décembre, et mis en vigueur pour Hambourg, Altona et environs. Selon Lamp'l ce qui distingue uniquement la motion de Hambourg, est un point supplémentaire (point 8) qui stipule que les points 1 à 7 sont des lignes directrices qui devraient être précisées par le Conseil des mandatés du peuple sous contrôle du conseil exécutif. En réalité, il y a des différences notables. Selon les points de Hambourg, le pouvoir de commandement suprême doit être assumé par le Conseil des mandatés du peuple sous contrôle du conseil exécutif, et non pas par un conseil suprême de soldats; ils prévoient seulement que les officiers ne doivent plus porter d'armes en dehors du service, et non pas qu'ils doivent par mesure de principe être désarmés totalement. Par la suite, H. Lüdemann (SPD), après discussion en commission, soumet au congrès une proposition consistant à reprendre textuellement les points de la délégation de Hambourg tout en écartant l'ajout d'un point 8 qui caractériserait ces points comme lignes directrices. Cette proposition est approuvée par un vote du congrès.

Mais le Conseil des mandatés du peuple exprime l'avis que ces points ne pourraient pas entrer en vigueur immédiatement, puisqu'il faut à cette fin élaborer des "dispositions de mise en application" ["Ausführungsbestimmungen"]. (Celles-ci seront publiées le 19 janvier 1919, cf. à cette date.) La question est aussi traitée en dehors du congrès. Le 19 décembre, Paul von Hindenburg ainsi que l'ensemble des officiers de haut grade adressent à ce sujet au gouvernement une lettre de protestation[34]. Wilhelm Groener, adjoint de Hindenburg au commandement suprême de l'armée, se rend ensuite à une session qui réunit le Conseil des mandatés du peuple et le Conseil central. Sous l'effet des pressions, ces deux organes approuvent que le texte, bien qu'adopté par le congrès, soit remanié en y intégrant finalement le point 8. (Cf. plus loin le texte dans la version qui sera officialisée suite à ces tractations.)

Le 18 décembre, H. Lüdemann soumet au congrès une résolution concernant le pouvoir législatif et exécutif (cf. ci-dessous). Elle est adoptée à une large majorité.

Ernst Däumig (USPD) présente une motion qui stipule notamment[35]:

L'assemblée de délégués déclare qu'en toutes circonstances sera retenu le système de conseils comme fondement de la constitution de la république socialiste, et ceci de manière à ce qu'aux conseils incombe le pouvoir suprême législatif et exécutif.

[Citation dans l'original .]

Le texte prévoit l'élection d'un congrès national des conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne, chargé de décider la future constitution d'Allemagne, et que dans l'immédiat un conseil central composé de délégués des conseils d'ouvriers et de soldats soit investi du pouvoir suprême de contrôle vis-à-vis du Conseil des mandatés du peuple et des offices gouvernementales. (Cf. plus loin Däumig au sujet du système des Conseils.) Le 19 décembre, cette motion sera rejetée par 344 voix contre 98.

Par ailleurs, en se référant à la motion Lüdemann, adoptée précédemment (cf. plus haut), Richard Lipinski (USPD) demande que soit expliquée ce qu'il faut entendre par "surveillance parlementaire des mandatés du peuple par le conseil central". Au nom des mandatés du peuple, Hugo Haase (USPD) présente la déclaration suivante[36]:

Par surveillance parlementaire le conseil des mandatés du peuple entend, que tous les projets de lois sont présentés au conseil central, et que tous les projets de loi importantes sont délibérés avec lui. Il considère comme tout à fait exclu qu'avec cette règlementation puissent surgir entre lui et le conseil central des brouilles. Dans cette période révolutionnaire il faut travailler rapidement par voie de législation. Si dans un cas quelconque un accord n'est pas atteint, alors ne doit pas se produire un vacuum, mais alors le conseil des mandatés du peuple doit pouvoir décider lui-même, tant qu'il possède la confiance du conseil exécutif qui, il est vrai, le peut révoquer à n'importe quel moment.

[Citation dans l'original .]

Friedrich Geyer (USPD) demande une interruption de séance afin de pouvoir discuter de la question, ce qui est refusé. Le Groupe Spartakus et une grande partie de l'USPD quittent alors la salle. Geyer soumet une motion selon la phrase ayant fait l'objet d'une discussion, dans la motion Lüdemann, soit formulée de la manière suivante[37]:

Le conseil central a le plein droit de l'accord ou du refus de lois avant leur promulgation.

[Citation dans l'original .]

Un vote sur les deux versions de texte donne 290 voix pour celui proposé par Lüdemann, et 115 pour la proposition de modification de Geyer.

Le congrès élit un conseil central [Zentralrat der Arbeiter- und Soldatenräte] qui assume la "gestion provisoire des affaires nationales" ["provisorische Führung der Reichsgeschäfte"] et de celles concernant la Prusse, pour autant qu'elles relèvent des Conseils d'ouvriers et soldats[38]. Dans ce domaine il remplace donc le conseil exécutif. Le 23 décembre sera publiée une notification commune des deux organes, datée du 21 décembre. Elle annonce que toutes les délégations de pouvoirs et légitimations que le conseil exécutif avait établies (avant tout pour les fonctions de contrôle dans les administrations et le ministère de la guerre) expireront à la date du 28 décembre. Le conseil exécutif a maintenant pour fonction de gérer les affaires concernant Grand-Berlin.

Entretemps l'USPD, à l'initiative de G. Ledebour et contre l'avis de H. Haase, a décidé de ne pas participer à l'élection des membres du conseil central. Par conséquent, comme résultat des élections le conseil central, composé de 27 membres, comprend les délégués suivants[39], tous candidats présentés par le SPD: Robert Leinert, Georg Maier, Hermann Wäger, Hugo Struve, Emil Pörschmann, M. Cohen(-Reuß), Robert Pfaff, Hermann Müller, Heinrich Zwosta, Heinrich Schäfer, Hermann Kahmann, Fritz Herbert, W. Lamp'l, Albert Stuber, Richard Horter, Wilhelm Knoblauch, Gustav Heller, Karl Prokesch, Karl Zörgiebel, Karl Bethke, Friedrich Voigt, Heinrich Kürbis, Otto Sidow, A. Grzesinski, Max König, Fritz Faaß, Robert Kohl.

Dans la suite des travaux du congrès, une motion présentée par le SPD et fixant des élections à l'assemblée nationale pour le 19 janvier 1919, est adoptée par environ 400 voix contre environ 40[40].

 

 

Ernst Däumig über die Grundprinzipien des Rätegedankens (1920)[41]

 

L'essence de l'idée des conseils repose sur les principes suivants:

1. Seul le prolétariat peut être vecteur de l'idée des conseils, c'est-à-dire tous les travailleurs de la main et de la tête qui sont contraints à vendre leur force de travail au capital pour pouvoir vivre. Par là, l'idée des conseils se trouve en opposition autant aigüe que naturelle vis-à-vis de l'idée démocratique habituelle lequel considère les citoyens comme une masse homogène, sans égard à la grande contradiction entre capital et travail et les clivages de classes qui en résultent.

2. Puisque le prolétariat qui suit l'idée des conseils, poursuit des objectifs explicitement anticapitalistes, il ne peut tolérer dans ses organisations de conseil aucun représentant capitaliste.

3. Puisque les parlements incarnant l'idée démocratique formelle sont mis au service des tendances capitalistes, tant que la forme de production capitaliste existe, l'idée des conseils ne peut pas être réalisée avec les moyens du parlementarisme, mais doit être mise en application dans les cellules de base de la production capitaliste, les entreprises, mais ensuite aussi dans les différentes institutions de l'état d'autorité qui est édifié sur la base de la production capitaliste.

4. Puisque la réalisation de l'idée des conseils nécessite la participation active continuelle du prolétariat à toutes les questions économiques et politiques, les organes de l'organisation de conseils ne peuvent recevoir des pouvoirs à longue échéance, mais doivent toujours être soumis au contrôle de leurs électeurs et être révocables à n'importe quel moment, s'ils n'ont plus la confiance de leurs électeurs.

5. Puisque l'idée des conseils a pour objectif la libération de l'ensemble du prolétariat de l'exploitation capitaliste, l'organisation de conseils ne peut être le domaine d'un parti particulier ou de groupes de profession particuliers, ais doit englober le prolétariat comme un tout.

[Citation dans l'original .]

 

 

Résolution du Congrès national de conseils, concernant le pouvoir législatif et exécutif, 18-20 décembre 1918[42]

 

1. Le congrès du Reich des conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne, qui représente l'ensemble du pouvoir politique, transfère, en attendant la règlementation déterminée par ailleurs par l'assemblée nationale, le pouvoir législatif et exécutif au conseil des mandatés du peuple.

2. En outre le congrès désigne un conseil central des conseils d'ouvriers et de soldats, qui exerce la surveillance parlementaire des cabinets allemand et prussien. Il a le droit à la surveillance des mandatés du peuple du Reich et ‑ jusqu'à la règlementation définitive du système politique ‑ aussi des mandatés du peuple de Prusse.

3. Pour la surveillance de la conduite des affaires dans les administrations du Reich, sont désignés par le conseil des mandatés du peuple des adjoints des secrétaires d'état. Dans chaque administration du Reich sont détachés deux adjoints qui doivent être choisis parmi les deux partis social-démocrates. Avant la désignation des ministres spécialisés et des adjoints, le conseil central doit être entendu.

[Citation dans l'original .]

 

 

Résolution du Congrès national de conseils, concernant le pouvoir de commandement, 18-20 décembre 1918[43]

 

Texte adopté le 18 décembre:

1. Ce sont les mandatés du peuple qui exercent le pouvoir de commandement sur l'armée et la marine et les troupes de protection[44], sous contrôle du conseil exécutif.

2. Comme symbole de la démolition du militarisme et de l'abolition de l'obéissance aveugle, est décrétée la suppression de tous les insignes de rang, et du port d'armes en dehors du service.

3. Ce sont les conseils de soldats qui sont responsables de la fiabilité des unités de troupe et du maintien de la discipline. Le congrès des conseils d'ouvriers et de soldats est convaincu que les troupes subordonnées doivent absolument observer durant le service,  vis-à-vis des conseils de soldats élus par eux-mêmes ainsi que vis-à-vis des supérieurs, l'obéissance requise pour l'accomplissement des objectifs de la révolution socialiste. Il n'y a plus de supérieurs en dehors du service.

4. La suppression des épaulettes, galons de sous-officier etc., cocardes et baïonnettes est du ressort exclusif des conseils de soldat, non pas d'individus. Des excès nuisent à la réputation de la révolution et sont malvenus au moment du retour au pays de nos troupes. Le congrès demande l'abolition de toutes les médailles et décorations, et de la noblesse.

5. Les soldats élisent eux-mêmes leurs chefs. Des anciens officiers qui jouissent de la confiance de la majorité de leurs unités de troupe peuvent être réélus.

6. Dans l'intérêt de la démobilisation, des officiers des administrations militaires et des fonctionnaires au rang d'officiers sont à maintenir dans leurs fonctions, s'ils déclarent ne rien entreprendre contre la révolution.

7. L'abolition de l'armée permanente et l'édification d'une garde populaire doivent être accélérées.

[Citation dans l'original .]

La phrase selon laquelle "le congrès demande l'abolition de toutes les médailles et décorations, et de la noblesse" figurant dans le point 4 constitue un ajout par rapport à la version initiale présenté par Lamp'l.

Le projet de résolution incluait initialement le paragraphe suivant:

8. Les énoncés qui précèdent sont des lignes directrices. Les dispositions définitives d'application seront fixées par les six mandatés du peuple sous contrôle du conseil exécutif et en accord avec les conseils de soldats de l'armée et de la marine.

[Citation dans l'original .]

Cependant ce point avait été retiré avant même le vote.

Le 20 décembre, le point 1 est complété par l'ajout suivant:

1. Dans les garnisons le pouvoir de commandement militaire est exercé par les conseils d'ouvriers et de soldats en entente continue avec le pouvoir de commandement suprême. 2. Des affaires militaires qui sont communes à toutes les garnisons, sont traités par les détenteurs du pouvoir suprême de commandement en association avec le conseil de délégués de la garnison.

[Citation dans l'original .]

 

 

17 décembre

 

À Brême (Bremen) est mise en vigueur une nouvelle règlementation concernant les élections au conseil d'ouvriers[45]. Ont droit au vote les adhérents des syndicats rattachés à la filiation des dits “syndicats libres” (cf. ) ou à un des trois partis socialistes, c'est-à-dire SPD, USPD et IKD. “Communistes internationaux d'Allemagne” (“Internationale Kommunisten Deutschlands”, IKD) est le nom que s'est donné le 23 novembre l'ancienne organisation locale à Brême du SPD, au sein de laquelle s'était regroupé la “Gauche radicale” après son exclusion du parti; la “Gauche radicale” de Dresde a adopté cette désignation depuis mi-novembre[46].

 

 

19 décembre

 

Dans la région minière de Haute-Silésie, se déroule un mouvement de grève[47].

 

 

20 décembre

 

À Beuthen (Bytom, Haute-Silésie, aujourd'hui en Pologne), est fondé l'organisation régionale de la Ligue Spartakus[48].

 

 

23 décembre

 

L'office du travail du Reich publie le décret sur les conventions collectives, les comités de travailleurs et d'employés et la conciliation relative aux litiges du travail [Verordnung über Tarifverträge, Arbeiter- und Angestelltenausschüsse und Schlichtung von Arbeitsstreitigkeiten][49].

(Cf. le texte du décret .)

Le décret sera modifié une première fois le 31 mai 1920, puis le 23 janvier 1923, et enfin le 28 février 1928.

 

 

À Berlin, depuis le 12 décembre, un conflit était en cours entre le SPD et la Division populaire de marine [Volksmarinedivision][50]. Cette unité, composée initialement le 11 novembre à partir d'environ 650 marins se trouvant à Berlin, avait été installée le 15 novembre dans le château de Berlin et dans le bâtiment du Marstall ‑ l'un des édifices du château de la ville ‑, sous l'autorité du commandant de la ville [Stadtkommandant] O. Wels (SPD)[51]. Elle a pour mission de protéger les bâtiments publics tels que la chancellerie du Reich [Reichskanzlei], ses effectifs, renforcés par d'autres marins amenés de Cuxhaven et Kiel, s'élèvent finalement à environ 3000. Durant le congrès national des conseils d'ouvriers et de soldats, elle avait soutenu les demandes des soldats de Hambourg.

Le 12 décembre elle avait reçu l'ordre de quitter les lieux. La majorité devait être démobilisée, 600 devaient être intégrés à la Garde militaire républicaine [Republikanische Soldatenwehr]. En attendant que ces mesures soient accomplies, les marins ne recevaient pas leur solde. Le 23 décembre la division quitte le château, E. Barth (SPD), membre du Conseil des mandatés du peuple, ordonne à Wels de procéder au paiement du solde, mais celui-ci réplique qu'il attend les ordres de F. Ebert.

Les marins occupent la chancellerie du Reich [Reichskanzlei]. Des troupes ramenées par Wels ouvrent le feu sur des marins rassemblés devant l'état-major de la ville [Stadtkommandantur], causant la mort de deux parmi eux. Les marins envahissent le bâtiment et séquestrent Wels. Ebert intervient, promettant de régler l'affaire le lendemain avec le Conseil des mandatés du peuple. Une centaine de marins retournent ainsi au bâtiment du Marstall et au château, les autres se trouvant auprès de leurs familles.

 Les membres du Conseil des mandatés du peuple appartenant au SPD tiennent une réunion durant la nuit, en présence du Grand Quartier-maitre [Generalquartiermeister] Wilhelm Groener. Ebert décide une intervention. Environ 2000 soldats équipés d'artillerie lourde attaquent le château. Or le Groupe Spartakus mobilise les travailleurs berlinois, les autres marins reviennent également sur les lieux, et la Garde de sécurité [Sicherheitswehr] du président de police E. Eichhorn (USPD) intervient à leurs côtés. Le siège est abandonné. 11 marins sont morts et 56 membres des troupes gouvernementales. La Division populaire de marine obtient le paiement du solde, quitte le château, et s'intègre dans la Force de défense militaire républicaine.

 

 

25 décembre

 

À Berlin, en protestation par rapport à l'attaque contre le château, des manifestants occupent pendant quelque temps le bâtiment de l'organe du SPD, le Vorwärts[52]. Cette action est notamment motivée par un article de Friedrich Stampfer, rédacteur en chef du journal, paru la veille (cf. ci-dessous). Des tracts sont publiés sous le titre Der Rote Vorwärts.

 

 

Article de Friedrich Stampfer dans le Vorwärts du 24 décembre[53]

 

[Titre:]: Domination du peuple ou domination de criminels?

[...] Que quelques jeunes à l'esprit confus et différents éléments déloyaux se consacrent à faire du raffut et voient leur objectif dans l'instauration d'une domination de famine et de terreur à l'asiatique, comme en Russie ‑ ce n'est pas encore cela le pire. Le pire est que des milliers de travailleurs berlinois semblent avoir perdu la boussole dans la tête [et] courent sans réfléchir derrière les consignes les plus stupides. [...]

Les évènements d'hier et d'aujourd'hui parlent un langage sans équivoque. Il faut tirer un trait clair et net entre ici et là-bas, [...]

Celui qui entrave le gouvernement dans ce travail nécessaire, qui veut ôter au peuple le droit de décider pour lui-même dans un vote libre, celui-là n'est pas un révolutionnaire, pas un républicain, pas un socialiste, mais un criminel vis-à-vis de la révolution, la république et le socialisme, et doit être traité en conséquence. [...]

[Citation dans l'original .]

Dans la même édition du Vorwärts figure par ailleurs une annonce publicitaire signée "Generalsekretariat Antibol", ce qui désigne un "Secrétariat général pour l'étude et la lutte contre le bolchévisme"[54]. Le texte met en garde contre le bolchévisme comme "vandalisme et terreur d'un petit groupe qui s'est arrogé le droit à la violence" et appelle à garder la "maison allemande" face à la "plaie russe qui guette à la porte".

[Citation dans l'original .]

 

 

À Beuthen  (Bytom, Haute-Silésie, aujourd'hui en Pologne), la Ligue Spartakus organise une manifestation à laquelle participent 2000 personnes[55].

 

 

27 décembre

 

Dans la région de Haute-Silésie, les travailleurs de 63 mines entament un mouvement de grève[56].

 

 

À Hambourg, W. Lamp'l (SPD) devient président du conseil de soldats[57].

 

 

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À Berlin, comme conséquence des évènements concernant la Division populaire de marine, le lieutenant général A. Lequis est remplacé par le général Walther von Lüttwitz dans sa fonction de commandant général de la Mark Berlin-Brandenburg.

 

 

29 décembre

 

Après une réunion Conseil des mandatés du peuple tenue le 28 décembre, les trois représentants de l'USPD, H. Haase, W. Dittmann et E. Barth, démissionnent du conseil[58]. Cette décision est motivée par la désapprobation qui s'est exprimée largement au sein de l'USPD au sujet des évènements concernant la Division populaire de marine. Pour les remplacer, le conseil central élit les membres du SPD Rudolf Wissel, Gustav Noske et Paul Löbe, ce dernier refuse cependant sa nomination. La répartition des charges est maintenant la suivante: F. Ebert, Intérieur; O. Landsberg, Finances; Noske, Armée et Marine; Ph. Scheidemann, Affaires étrangères; Wissel, Politique sociale.

Les membres de l'USPD occupant des postes de secrétaire et sous-secrétaires d'État ainsi que les adjoints démissionnent également, à l'exception de K Kautsky (Affaires étrangères) et Emanuel Wurm (Ravitaillement en vivres [Reichsernährungsamt]) qui restent en place pendant quelques semaines à titre transitoire, ainsi qu'Eduard Bernstein (Trésor [Reichsschatzamt])[59]. Ce dernier, peu auparavant, était entré au SPD, sans quitter l'USPD, puis compte tenu du refus par l'USPD de la double appartenance, avait définitivement rejoint le SPD.

 

 

En Oldenburg, où l'USPD n'est pas constitué en tant que tel, se développe au cours de la deuxième moitié de décembre l'opposition entre d'une part le conseil d'ouvriers et de soldats de la ville d'Oldenburg contrôlé par le SPD, et d'autre part le Conseil des 21 (constitué le 6 novembre) à Wilhelmshaven, proche de l'USPD[60]. Le 29 décembre se tient le congrès du SPD pour la circonscription Weser-Ems pour établir les candidatures en vue des élections à l'assemblée constituante. Paul Hug est confirmé comme président au niveau régional. La désignation de Bernhard Kuhnt comme tête de liste est refusée.

 

 

Récit de Gustav Noske concernant ses débuts comme Mandaté du peuple (extraits)[61]

 

Pour autant que je devais apporter une contribution au retour à l'ordre, il fallait que j'entre rapidement en contact avec les soldats pour en garder la maitrise. C'est là que résidait tout le secret de mon succès à Kiel, à savoir que je jouissais de la confiance inconditionnelle de toutes les couches des soldats. [Cf. 4‑7 novembre 1918: .] La première visite, je la faisais à l'aube chez la Division de la marine du peuple au château et au Marstall. [...] La majorité dans la division étaient de braves hommes, dont simplement on abusait. [...] Je les quittai sur la remarque qu'après mes expériences de Kiel j'espérais parvenir bientôt aussi à Berlin à de bonnes relations avec les gens de la marine. Malheureusement, cela aura été un échec.

[Citation dans l'original .]

 

 

30 décembre - 1er janvier 1919

 

Du 30 décembre 1918 au 1er janvier 1919 se tient à Berlin le Congrès constitutif du “Parti communiste d'Allemagne (Ligue Spartakus)” (“Kommunistische Partei Deutschlands (Spartakusbund)”, KPD(S))[62]

 

 

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Dans la Ruhr, depuis mi-novembre, se développent des mouvements revendicatifs[63]. Notamment Hamborn et Mülheim deviennent le centre de la Fédération libre de syndicats allemands (Freie Vereinigung Deutscher Gewerkschaften), d'orientation syndicaliste. Dans la troisième semaine de décembre, à certains moments 30 000 mineurs sont en grève.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes



[1]H. Potthoff: Der Allgemeine Deutsche Gewerkschaftsbund in der Weimarer Republik, (Bibliographie ).

[2]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap08.html.

G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution 1918‑1919, S. 128 (Bibliographie ).

[3]S. Miller: Die Bürde der Macht, S. 178 (Bibliographie ).

http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap08.html.

[4]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[5]P. Lessmann: Die preussische Schutzpolizei in der Weimarer Republik, S. 35 (Bibliographie ).

[6]. https://www2.landesarchiv-bw.de/ofs21/olf/einfueh.php?bestand=4142.

[7]. http://arbeiterpolitik.de/Broschueren/Die%20Bremer%20Linksradikalen.pdf.

[8]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

G. Doose: Die separatistische Bewegung in Oberschlesien (1918‑1922), S. 45 (Bibliographie ).

[9]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[10]. http://hup.sub.uni-hamburg.de/opus/volltexte/2008/9/chapter/HamburgUP_Schlaglichter_Volksheer.pdf.

[11]Institut für Deutsche Militärgeschichte (Hg.): Militärgeschichte - Band 7, S. 576 (Bibliographie ).

[12]C. Gebhardt: Der Fall des Erzberger-Mörders Heinrich Tillessen, S. 20 (Bibliographie ).

http://www.axishistory.com/index.php?id=6255;

http://www.axishistory.com/index.php?id=6257;

http://www.axishistory.com/index.php?id=6176.

[13]E. Könnemann: Einwohnerwehren und Zeitfreiwilligenverbände (November 1918 bis 1920), S. 77 (Bibliographie ).

B. Kroener: Potsdam - in der preussisch-deutschen Militärgeschichte, (Bibliographie ).

H. Schulze: Freikorps und Republik 1918‑1920, S. 37 (Bibliographie ).

[14]. http://www.deutschegeschichten.de/zeitraum/themaplus.asp?KategorieID=1001&InhaltID=1555&Seite=6

http://www.mgfa-potsdam.de/pdf/ZMG_04_2004.pdf.

[15]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 2 - Band 2 - November 1917‑Dezember 1918, S. 597-98 (Bibliographie ).

[16]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., (Bibliographie ).

[17]L. R. G. Maercker: Vom Kaiserheer zur Reichswehr, S. 57 (Bibliographie ).

[18]G. Engel, B. Holtz, I. Materna (Hg.): Gross-Berliner Arbeiter- und Soldatenräte in der Revolution 1818/1919 - Band 1, S. 837 (Bibliographie ).

[19]. https://www2.landesarchiv-bw.de/ofs21/olf/einfueh.php?bestand=4142.

[20]Ch. Sachße, F. Tennstedt: Die Bundesrepublik - Staat und Gesellschaft, (Bibliographie ).

http://www.luise-berlin.de/bms/bmstext/9811gesa.htm

[21]“Freisinnig” est ici traduit par “libéral. En cela il est fait abstraction de certaines nuances sémantiques qui distinguent les mots allemands “freisinnig” et “liberal”.

Cf. par exemple cette citation: "Wir wollen nur freisinnige Deutsche sein, was mit nationalliberal nicht synonym ist." (Freisinger Tagblatt, Münchener Zeitungsverl., 1er mai 1869.)

Où encore: "Ist etwa ‑ um ein naheliegendes Beispiel zu wählen ‑ “national-liberal gleichbedeutend mit “deutsch-freisinnig, bloß weil letzteres die Übersetzung des ersteren ist?" (Zeitschrift für Philosophie und philosophische Kritik,:Vol. 100-101, J. A. Barth, 1892, p. 234.)

[22]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., p. 371-372 (Bibliographie ).

[23]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., p. 311-313 (Bibliographie ).

[24]. http://192.68.214.70/blz/web/100081/05.html#dok6

H. Michaelis, E. Schraepler (Hg.): Ursachen und Folgen - Band 3 - Der Weg in die Weimarer Republik, S. 175 (Bibliographie ).

[25]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., p. 316-319 (Bibliographie ).

[26]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 3 - Von 1917 bis 1923, (Bibliographie ).

Sabine Roß: Politische Partizipation und nationaler Räteparlamentarismus (cf. http://hsr-trans.zhsf.uni-koeln.de/volumes/vol15/Vol15_Ross_2.pdf, S. 136-137) cite des données détaillées sur les participants au congrès, mais selon d'autres auteurs ces indications sont entachées de multiples erreurs (cf. Margarete Lorinser, Roland Ludwig: Die Revolution hat Konjunktur - soziale Bewegung, Alltag und Politik in der Revolution von 1918/1919, Münster, Westfälisches Dampfboot, 1999).

[27]. http://www.rosalux.de/cms/fileadmin/rls_uploads/dokumentationen/090116_RL-Konferenz/beitraege/Annelies_Laschitza.pdf.

[28]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html

[29]Reichskongreß der Arbeiter- und Soldatenräte, 16.‑21. Dezember 1918, Stenographischer Bericht, (Bibliographie ).

http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

[30]E. R. Huber (Hg.): Dokumente zur deutschen Verfassungsgeschichte - Band 3 - 1918‑1933, S. 25 (Bibliographie ).

[31]P. Frölich, R. Lindau, J. Thomas: Illustrierte Geschichte der Deutschen Revolution, S. 252 (Bibliographie ).

http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

[32]G. Engel, B. Holtz, I. Materna (Hg.): Gross-Berliner Arbeiter- und Soldatenräte... - Band 1, S. 233 (Bibliographie ).

[33]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., (Bibliographie ).

[34]L. Berthold, H. Neef: Militarismus und Opportunismus gegen die Novemberrevolution, S. 183 (Bibliographie ).

[35]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html;

Reichskongreß der Arbeiter- und Soldatenräte..., (Bibliographie ).

[36]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

Deutscher Geschichtskalender - Band 35 - Teil 1, S. 240 (Bibliographie ).

[37]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., S. 154 (Bibliographie ).

[38]G. Engel, B. Holtz, I. Materna (Hg.): Gross-Berliner Arbeiter- und Soldatenräte... - Band 1, S. XLIII-XLIV. (Bibliographie ).

[39]Deutscher Geschichtskalender - Band 35 - Teil 1, S. 240 (Bibliographie ).

E. Bernstein, Eduard: Die deutsche Revolution - Band 1, (Bibliographie ).

H. Müller: Die November-Revolution, (Bibliographie ).

Selon les sources, les noms comportent quelques variantes:

Georg Maier (Bernstein, Geschichtskalender: Mayer), Robert Pfaff (Bernstein, Geschichtskalender, Müller: Max), Heinrich Zwosta (Bernstein, Geschichtskalender: Zwesta), Karl Bethke (Bernstein, Geschichtskalender, Müller: Bethge), Heinrich Kürbis (Bernstein: Kürbig), Otto Sidow (Bernstein, Geschichtskalender, Müller: Sydow), Fritz Faaß (Bernstein, Geschichtskalender: Faaß).

[40]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

[41]H. Hürten: Zwischenkriegszeit und Zweiter Weltkrieg, S. 111. (Bibliographie ).

http://www.digam.net/dokument.php?ID=2413.

[42]Reichskongreß der Arbeiter- und Soldatenräte..., S. 88 et 182 (Bibliographie ).

http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap09.html.

[43]Reichskongreß der Arbeiter- und Soldatenräte..., S. 181 (Bibliographie ).

http://192.68.214.70/blz/web/100081/02.pdf;

[44]. Les unités stationnées dans les colonies allemandes de 1881 à 1918 s'appelaient Schutztruppen (forces de protection).

[45]. http://www.klausdede.de/index.php?content=weserundjade&sub=48.

[46]. http://www.marxists.org/deutsch/archiv/ruehle/1918/11/16.htm.

[47]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[48]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[49]http://www.aventinus-online.de/no_cache/persistent/artikel/7654/.

[50]. http://www.raeterepublik.de/Weihnachtskaempfe.htm;

[51]. http://hup.sub.uni-hamburg.de/opus/volltexte/2008/9/chapter/HamburgUP_Schlaglichter_Volksheer.pdf.

[52]G. Watermeier: Politischer Mord und Kriegskultur an der Wiege der Weimarer Republik, S. 17. (Bibliographie ).

[53]M. Ramers: Weihnachtsunruhen 1918, S. 15 (Bibliographie ).

K.‑U. Merz: Das Schreckbild, S. 177 (Bibliographie ).

[54]K. Hornung: Wilhelm Groener, (Bibliographie ).

[55]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[56]. http://www.slonsk.de/Slonsk/Kalendarium/Kalendarium1918.html. Lien périmé, une copie ici .

[57]http://www.hamburg.de/contentblob/2023444/data/622-1-049.pdf.

[58]E. Kolb: Die Weimarer Republik, S. 16; (Bibliographie ).

http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html.

[59]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html.

[60]oops.uni-oldenburg.de/volltexte/2002/579/pdf/band2.pdf p. 135-136.

[61]G. Noske: Von Kiel bis Kapp, S. 65 (Bibliographie ).

[62]G. A. Ritter, S. Miller (Hg.): Die Deutsche Revolution..., S. 326-336 (Bibliographie ).

[63]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1958_3.pdf.